Le changement climatique

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Apparu dans les médias depuis les années 80, le terme “changement climatique” n’a, depuis, cessé de susciter de nombreux débats du fait, parfois, du scepticisme de certains quant à la véracité de l’existence d’un dérèglement climatique.

L’effet de serre, un phénomène naturel

L’effet de serre est un phénomène naturel sans lequel la vie sur terre serait impossible. Il est à l’origine d’une élévation de la température à la surface du globe. Les deux-tiers de l’énergie en provenance du soleil sont absorbés par l’atmosphère, les sols et l’océan. En retour, un rayonnement infrarouge est absorbé par les nuages et les gaz à effet de serre. On estime que sans cet effet de serre de l’atmosphère, la température moyenne à la surface de la terre serait au plus de – 19°C au lieu des 15°C que nous connaissons.

Image du principe de l’effet de serre selon le GIEC

Les activités humaines sont à l’origine d’une hausse importante de la concentration des gaz à effet de serre transformant le climat à un rythme jamais vu par le passé, entrainant à un risque de déséquilibre à l’échelle planétaire.

Les observations passées

Entre 1880 et 2012, on enregistre une augmentation de 0,85° des températures à la surface de la terre. Au XXe siècle, la température moyenne du globe a augmenté d’environ 0,6 °C et celle de la France métropolitaine de plus de 1 °C. Depuis 1850, les 10 années les plus chaudes ont eu lieu après 1998 et depuis 30 ans, chaque décennie a été significativement plus chaude que la précédente. Depuis les années 1950, le nombre moyen de journées et nuits froides a diminué, le nombre moyen de journées et nuits chaudes a augmenté ainsi que la fréquence des vagues de chaleur.

La température des océans augmente elle aussi, le réchauffement le plus significatif ayant lieu en surface. On observe une augmentation de +0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.

Ces observations passées touchent de nombreux paramètres climatiques.

62 années de réchauffement climatique en 13 secondes (source : NASA)

L'avis des scientifiques

Selon les experts du GIEC le lien entre activités humaines et accroissement des températures observé depuis 1950 est extrêmement probable (à 95%).  En 2014, le GIEC a publié son 5ème rapport et proposé de nouveaux scénarios d’évolution des émissions de Gaz à Effet. Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont cette fois défini a priori quatre trajectoires d’émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d’ozone et d’aérosols, ainsi que d’occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d’évolution de concentration »).

Le scénario RCP 2.6 qui implique de fortes réductions d’émissions de GES est une nouveauté de ce rapport. C’est le scénario le plus optimiste et le seul qui nous permettent de limiter le réchauffement climatique à +2°C.

Avec un tel objectif, la question des émissions de gaz à effet de serre devient de plus en plus prégnante pour les États et les conséquences en matière de taxe et de législation apparaissent petit à petit.

C’est pourquoi, tant par responsabilité sociétale que par adaptation à de nouveaux contextes économiques et réglementaires, il est essentiel pour les organisations de s’engager dans une démarche de gestion de leurs émissions de GES.

Comprendre le réchauffement climatique en 4 minutes (source : Le Monde)

Les projections climatiques

Les travaux du GIEC se basent notamment sur l’évolution des émissions ou des concentrations de gaz à effet de serre et d’aérosols dues aux activités humaines. Pour réaliser ces projections, il est alors nécessaire d’émettre des hypothèses sur l’évolution de la démographie mondiale et des modes de vie à travers la planète. Dans leur dernier rapport, les experts du GIEC ont proposé 4 trajectoires d’émissions et de concentrations de GES, d’Ozone et d’aérosols ainsi que d’occupations des sols :

Le RCP 8.5 le plus pessimiste

Les scénarios RCP 6.0 et 4.5 intermédiaires

Le scénario RCP 2.6 impliquant, et c’est une nouveauté, l’intégration des effets de politiques de réduction des émissions de GES limitant le réchauffement à +2°C.

Les trois autres trajectoires analysées par le GIEC conduisent en 2100 à une hausse des températures de plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle (1850).

Les impacts des changements climatiques

Les effets du changement climatique sont déjà présents et pourraient être amplifiés dans les années à venir. De nombreux secteurs seront impactés :

La biodiversité et la ressource en eau : apparition et disparition d’espèces, température de l’eau, suivi de la qualité des eaux, évolution des zones de migrations, feu de forêts

L’agriculture et la sylviculture : augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de sécheresse, apparition de nouvelles maladies, modifications des dates de floraison, évolution des pratiques agricoles, etc.

Milieux littoral et marin : érosion, élévation du niveau de la mer, taux de salinisation des océans, acidification des océans, température de la surface de la mer

La santé et la population : apparition de nouvelles maladies, augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de chaleur, pollinisation

Activités économiques : changement d’activités, risques naturels

 Accédez à la carte des impacts du réchauffement climatique

Devenir acteur du changement

Si le constat est alarmant, l’heure n’en est cependant pas à la fatalité mais à l’action. Les choix qui seront faits dans les prochaines années en termes de réduction d’émissions de GES seront déterminants. Il convient dès à présent de mettre en œuvre des stratégies d’atténuation à tous les niveaux, couplées à des stratégies d’adaptation.

Pour atteindre l’objectif de rester sous le seuil des 2°C, il faudra réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 40% à 70% en 2050 (par rapport aux niveaux de 2010), et atteindre des niveaux d’émission proches de zéro en 2100. Il s’agit dès à présent d’engager une transition.