La transition

La transition énergétique peut se définir comme un double enjeu de sortir progressivement de certaines énergies (énergies fossiles voire nucléaire) et de développer des énergies renouvelables. Cela s’accompagnerait, en même temps, par la réduction de nos consommations d’énergie.

 Depuis 1997 et le protocole de Kyoto, différents accords internationaux, européens et nationaux se sont succédés en vue de réduire nos consommations d’énergie. A l’échelle européenne, un plan climat énergie a été adopté par la Commission Européenne fixant les 3 objectifs suivants à l’horizon 2030 :

Réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % (par rapport aux niveaux de 1990) ;

Porter la part des énergies renouvelables à au moins 27 % ;

Améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27%.

Afin d’atteindre cet objectif de réduction des émissions de GES, il est attendu que les secteurs couverts par le système d’échange de quotas de CO2 réduisent leurs émissions de 43% et les autres secteurs de 30%, par rapport à leurs émissions de 2005.

L'évolution de la consommation à l'échelle nationale et internationale

A l’échelle internationale, la consommation d’énergie primaire augmente de manière continue depuis 40 ans, les énergies fossiles représentant encore en 2015 près de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial.

Ce phénomène est également observé à l’échelle nationale, même si depuis une dizaine d’années la consommation d’énergie primaire a tendance à se stabiliser en France. Cette évolution est très contrastée en fonction de l’énergie considérée ; ainsi les consommations de charbon et de pétrole ont reculé respectivement de 69% et 35% en quarante ans, la consommation de gaz ayant triplé sur la même période et celle de l’électricité primaire ayant été multipliée par 15. Cette tendance à la hausse du niveau de consommations aura des impacts directs sur les factures énergétiques des états, des ménages, des organisations, des collectivités, etc.

La précarité énergétique


Les ménages sont particulièrement touchés à travers une augmentation de leurs consommations et des coûts de l’énergie. En 2015, la part des dépenses relatives à l’énergie (déplacements et logements confondus) s’élevait à 8,5% des revenus des ménages. Au-delà de 10%, un ménage est dit en situation de précarité énergétique. L’enquête logements réalisée en 2013 par l’INSEE indique que 5,8 millions de ménages en France sont en situation de précarité énergétique.


 Les émissions de GES sont pour la majorité d’origine énergétique ce qui signifie que réduire les émissions de GES d’une organisation et d’un territoire passe par la mise en œuvre d’actions de réductions de consommations d’énergie, et par le développement des énergies renouvelables, souvent génératrices d’emplois.

Une nécessaire réduction des consommations d'énergies

Face au constat d’une population grandissante et d’un niveau de consommation toujours plus important, il convient dès à présent de penser à réduire nos consommations d’énergie. Les actions de sobriété et d’efficacité énergétique doivent être privilégiés ;

L’efficacité énergétique c’est réduire l’utilisation d’énergie pour un usage donné. Elle est basée sur l’évolution des technologies nous permettant d’être plus performant sans modifier nos usages. C’est le cas par exemple de la réalisation de travaux d’isolation qui permettront de moins chauffer notre logement

La sobriété énergétique est basée sur l’évolution des comportements et correspond donc au facteur humain de la transition énergétique. C’est le cas par exemple quand nous chauffons notre appartement à 19°C au lieu de 23°C.

La réduction des consommations d’énergie est indissociable de l’objectif de développement des énergies renouvelables.

L'intégration des énergies renouvelables

Couplé à la mise en place d’actions de réduction d’énergie, le développement des énergies renouvelables est primordial pour à la fois éviter d’épuiser nos ressources non renouvelables, réduire l’impact sanitaire des énergies fossiles conventionnelles et améliorer notre dépendance énergétique. Cette évolution du mix énergétique doit permettre de réduire notre impact carbone. Aujourd’hui, de nombreux scénarios projettent un monde 100% énergies renouvelables.


A l’échelle nationale, l’objectif du Facteur 4, à savoir diviser nos émissions de GES par 4 d’ici 2050, est inscrit dans la loi POPE du 13 juillet 2005 et repris dans les textes des Grenelles. Plus récemment, le 17 août 2015 a été promulguée la loi de Transition énergétique pour la Croissance Verte fixant notamment les objectifs suivants :

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 (facteur 4).

Réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012 en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030 ;

Réduire la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à la référence 2012 ;

Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;

Porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ;

Dans le cadre de cette loi, plusieurs outils ont vu ou verront le jour comme la stratégie national bas carbone ou la programmation pluriannuelle de l’énergie.

 

Des solutions pour enclencher la transition

De nombreuses solutions existent pour réussir sa propre transition, certaines depuis de nombreuses années. Le défi aujourd’hui est de réussir à massifier ces solutions pour engager une transition ambitieuse. Parmi ces solutions, on retrouve :

La rénovation énergétique des bâtiments

La réduction du gaspillage alimentaire

La promotion d’une agriculture durable et responsable

Le développement d’une mobilité durable faiblement émettrice

Une amélioration de l’efficacité énergétique des process industriels…

Ces actions mises en place entraîneront alors une amélioration de notre cadre de vie et auront des impacts positifs sur l’environnement, la santé, la qualité de l’air, etc.

Qu'est-ce que la transition énergétique ? (Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire)