La transition

85% des sources d’énergie utilisées à l’heure actuelle ne sont pas renouvelables : le pétrole, le charbon, le gaz naturel, l’uranium (utilisé pour l’énergie nucléaire). Si leur exploitation se poursuit telle quelle, les réserves de ces énergies fossiles ne répondront plus aux besoins d’ici 30 à 50 ans, dans la mesure où les besoins en termes de consommation ne cessent d’augmenter.

A l’échelle internationale, la consommation d’énergie primaire augmente de manière continue depuis 40 ans, les énergies fossiles représentant encore en 2015 près de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial.

Ce phénomène est également observé à l’échelle nationale, même si depuis une dizaine d’années la consommation d’énergie primaire a tendance à se stabiliser en France. Cette évolution est très contrastée en fonction de l’énergie considérée ; ainsi les consommations de charbon et de pétrole ont reculé respectivement de 69% et 35% en quarante ans, la consommation de gaz ayant triplé sur la même période et celle de l’électricité primaire ayant été multipliée par 15.

Exemple du pétrole…

La raréfaction des ressources fossiles invite les organisations à repenser leur mode de fonctionnement pour réduire leur vulnérabilité énergétique et ainsi en limiter les impacts économiques (augmentation des prix de l’énergie, taxation…).

La transition énergétique et climatique telle que nous la percevons doit donc nous préparer à ce monde post-carbone et contribuer à mettre en place des territoires et des organisations plus robustes répondant à ces enjeux d’approvisionnement en énergie.

Depuis 1997 et le protocole de Kyoto, différents accords internationaux, européens et nationaux se sont succédés en vue de réduire nos consommations d’énergie. A l’échelle européenne, un paquet climat énergie a été adopté par la Commission Européenne fixant les 3 objectifs suivants à l’horizon 2030 :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % (par rapport aux niveaux de 1990) ;
  • Porter la part des énergies renouvelables à au moins 27 % ;
  • Améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27 %.

Afin d’atteindre cet objectif de réduction des émissions de GES, il est attendu que les secteurs couverts par le système d’échange de quotas de CO2 réduisent leurs émissions de 43%, les autres secteurs de 30%, par rapport à leurs émissions de 2005.

A l’échelle nationale, l’objectif du Facteur 4, à savoir diviser nos émissions de GES par 4 d’ici 2050, est inscrit dans la loi POPE du 13 juillet 2005 et repris dans les textes des Grenelles. Plus récemment, le 17 août 2015 a été promulguée la loi de Transition énergétique pour la Croissance Verte fixant notamment les objectifs suivants :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 (facteur 4).
  • Réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012 en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030 ;
  • Réduire la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à la référence 2012 ;
  • Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;
  • Porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ;

Dans le cadre de cette loi, plusieurs outils ont vu ou verront le jour comme la stratégie national bas carbone ou la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Le changement

De nombreuses raisons poussent les territoires et les organisations à agir dès à présent.

La volatilité du prix des énergies et la raréfaction des énergies fossiles entraînent une certitude sur le prix futur de l’énergie.

Dans l’industrie

Les territoires et les organisations risquent donc à terme de voir leur facture énergétique augmenter.

Au-delà des organisations et des territoires, ce sont les ménages qui sont touchés par cette crise énergétique. En 2015, la part des dépenses relatives à l’énergie (déplacements et logements confondus) s’élevait à 8,5% des revenus des ménages. Au-delà de 10%, un ménage est dit en situation de précarité énergétique. L’enquête logements réalisée en 2013 par l’INSEE indique que 5,8 millions de ménages en France sont en situation de précarité énergétique.

Réduire les émissions de GES d’une organisation et d’un territoire passe par la mise en œuvre d’actions de réductions d’émissions de GES, de sobriété énergétique, de développement des énergies renouvelables, souvent génératrices d’emplois.